Le SHORT STIRLING EF256, ou l'épave de l'équipe Cousteau

La Fiche Technique

Pavillon
Britannique   
Dimensions
26.60 x 30.20 x 6.90 m
Poids
5101 kg
Motorisation
Quatre moteurs radiaux Bristol Hercules VI de 1650 HP

L’Histoire

Cette épave n’est pas formellement identifiée !

Depuis très longtemps, un bruit courrait indiquant qu’une épave d’avion de la seconde guerre mondiale se trouvait au large d’Omonville la Rogue. La première des pistes suivies fut d’entrer en contact avec l’ancien président du club de voile d’Omonville. Ce dernier m’apprit tout simplement que cette épave avait été plongée par des membres de l’équipe Cousteau dans les années 1970. Cette information fut confirmée ensuite par un plongeur local bien connu. Mais après avoir pris contact avec la fondation Cousteau, il semblait que l’histoire de cette épave se soit perdue à travers les années.

Malgré cela, le hasard voulu que cet avion fut redécouvert par un pêcheur du port d’Omonville qui voulut bien me transmettre sa position. Suite aux premières plongées réalisées sur cette épave, une première piste se dessina très rapidement. En effet, suite à la prise d’images d’Olivier Brichet, célèbre plongeur d’épaves des côtes bretonnes, Mickaël Simon et Claude Archambault, deux spécialistes de l’aviation de la seconde guerre, nous pûmes déterminer le type d’avion et proposer une identification. La piste la plus sérieuse semble être celle du bombardier anglais SHORT STIRLING portant le numéro de série EF256.

Le Short Stirling est le premier bombardier quadrimoteur anglais. Il est construit par la Short Brothers. Il est opérationnel au sein de la RAF jusqu’en 1943. Les bombardiers Halifax et Lancaster le remplacent progressivement durant le second conflit. Ne pouvant voler aussi haut que ses congénères lors des bombardements, il est très largement utilisé dans des opérations de largage d’hommes ou de matériels. Quant à l’EF256, il est construit en 1940.

9 août 1944, Aérodrome de Hurm, à proximité de Bournemouth, le Short Stirling Mk IV du 620 squadron EF256 décolle pour une mission spéciale. Huit SAS français ont pris place à bord. Ces derniers doivent être largués en territoire ennemi à Vienne en banlieue de Lyon. Cette mission va être de courte durée…

L’avion survole les anglos-Normandes. Tout à coup, un tir vient d’atteindre l’une des ailes, abîmant un réservoir et un moteur. L’hélice de ce dernier est arrachée. Une fuite de carburant est à déplorer dans le cockpit et les aviateurs ont de l’essence jusqu’aux chevilles. La situation s’aggrave quand un second tir de DCA touche la queue de l’avion blessant un membre d’équipage et l’un des SAS. Le pilote, qui s’efforce de faire planer le bombardier le plus longtemps possible, sait qu’il va devoir réaliser une manœuvre périlleuse en amerrissant de nuit. “Préparez-vous, nous devons amerrir d’urgence !” annonce Bill le pilote. Mais il a grand mal à contrôler l’avion et il doit demander l’aide de son co-pilote pour maintenir une bonne vitesse de descente. Le radio lance un appel de détresse afin de déclencher les secours. “Contact ! Contact !” se met à crier Bill à travers la radio de bord.

Le choc est si violent que l’un des membres d’équipage, Arthur Northfield, se cogne la tête et s’évanoui. Mais plus grave encore, deux SAS se tuent dont un par noyade. 

La carcasse du short flotte suffisamment longtemps pour permettre la mise à l’eau des radeaux de survie. Le pilote sauve de la noyade son camarade Arthur. Une fois tout l’équipage à bord des embarcations, l’attente des secours commence. Cette dernière est de courte durée. En effet, dès 00h35, la vedette HSL 2556 est mise en alerte et part de Cherbourg au secours des naufragés. La HSL 2556 est affectée au 32 Air Sea Rescue Marine Craft Unit. Cette unité, stationnée sur Cherbourg depuis quelques semaines, a pour mission la récupération des hommes de la RAF en perdition au large de nos côtes.

Revenons à nos aviateurs britanniques. Leurs sauveteurs arrivent sur site seulement 1h10 après leur départ. Très vite, ils récupèrent tout le monde. Les blessés sont rapidement emmenés à l’hôpital militaire pour y recevoir des soins. 

L’Épave

Cette épave est dans un parfait état de conservation. Profond de 48 mètres, l’avion est encore en forme avec la présence des deux ailes et des quatre monstrueux moteurs. Malgré la carcasse retournée, il est très aisé de se repérer. Sur les deux ailes, il est facile de situer leurs différents éléments comme les réservoirs (deux sur chaque aile) ou bien des trains d’atterrissage d’une taille impressionnante. Les moteurs en étoile ont subi le poids des ans. Les blocs en aluminium se sont désagrégés. Sur les quatre hélices que possédait l’avion, seulement deux sont, aujourd’hui, sur l’épave. Une est encore en place, l’autre est posée sur le sable.

L’empennage a disparu, probablement lors de l’amerrissage. Il reste un dizaine de mètres de carlingue. La présence de sable ne permet pas d’y rentrer. On peut quand même y voir des toiles de parachute.

Les Sources

Webographie

Correspondances

  • Mickaël Simon

  • Claude Archambault

  • Arthur Northfield

  • Pino Lombardi (The Stirling Aircraft Project)

  • John Lathwell (The Stirling Aircraft Project)

Merci à Matthias Dufour pour le partage des informations 😉

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